Philippe Meirieu a beaucoup réfléchi à la transformation de l’école, toujours en mettant l’élève au centre comme sujet en construction.
L’élève n’est pas un “réceptacle” de savoirs, mais un sujet qui apprend, avec sa liberté, sa créativité, ses résistances.
Le rôle de l’école est d’aider chacun à devenir auteur de sa propre vie.
On ne peut pas “forcer” à apprendre : on ne fait que créer les conditions qui donnent envie et permettent d’apprendre.
Cela suppose de trouver un équilibre entre la liberté de l’élève et les exigences éducatives.
La pédagogie, ce n’est pas une recette, c’est un art de la relation : organiser des situations qui mettent l’élève en activité, qui l’obligent à chercher, à s’engager.
“On n’apprend pas seul” : le collectif, le groupe, les pairs jouent un rôle essentiel.
L’école doit être capable de prendre en compte la diversité des élèves.
Pas en multipliant les programmes parallèles, mais en adaptant les chemins d’apprentissage sans renoncer aux mêmes exigences pour tous.
L’école est un laboratoire de démocratie : on y apprend la coopération, le débat, le respect de la règle commune.
Les conseils d’élèves, les projets collectifs, la parole partagée sont essentiels.
Carnet de bord de l’élève : chaque élève consigne régulièrement ses réussites, difficultés, projets personnels. Un temps hebdomadaire est prévu pour y réfléchir avec un adulte (prof principal, tuteur).
“Droit à l’essai” : possibilité de refaire un travail après feedback, pour valoriser le progrès et pas seulement la note.
Temps d’expression créative (atelier d’écriture, projets artistiques, invention scientifique) pour que l’élève puisse construire et montrer sa singularité.
Situations-problèmes : proposer aux élèves des défis à résoudre en groupe (ex. construire une maquette, organiser une expo, répondre à une question complexe).
Contrats de travail personnalisés : à certains moments, chaque élève choisit un objectif à atteindre dans un temps donné, avec un suivi par l’enseignant.
Classe inversée partielle : donner des ressources pour découvrir chez soi et consacrer le temps de classe à la recherche, à l’échange, à la construction collective.
Conseil de classe coopératif (à ne pas confondre avec le conseil trimestriel) : un temps hebdomadaire où la classe règle ses problèmes de fonctionnement, propose des projets, prend des décisions.
Tutorat entre élèves : organisation de binômes ou trinômes “experts” qui accompagnent ceux qui en ont besoin dans une matière.
Projets interdisciplinaires en équipe : par exemple, préparer une exposition publique, organiser une pièce de théâtre ou un débat citoyen.
Plans de travail : proposer plusieurs activités possibles pour atteindre une même compétence, en laissant le choix du chemin.
Ateliers tournants : pendant une séquence, les élèves passent par différents ateliers adaptés à leurs rythmes (recherche, manipulation, remédiation, approfondissement).
Évaluation formative : utiliser davantage d’outils comme les grilles de compétences, l’autoévaluation, les feedbacks qualitatifs.
Conseil d’élèves : à l’échelle de la classe ou de l’école, donner un vrai espace de décision (projets, organisation de la vie commune).
Débats réglés : mise en place de débats philosophiques ou citoyens, avec règles claires de prise de parole et de respect.
Règles construites ensemble : au lieu d’imposer le règlement de classe, le co-construire avec les élèves (tout en gardant le cadre institutionnel de base).
Si tu veux tester les idées de Meirieu sans tout transformer :
Mettre en place un conseil d’élèves hebdomadaire dans une ou deux classes.
Introduire des carnets de bord ou journaux d’apprentissage pour une discipline.
Proposer une séquence en ateliers différenciés dans une matière.
Organiser un projet interdisciplinaire d’une semaine (ex. semaine citoyenne ou scientifique).
👉 En résumé, Meirieu nous invite à construire une école :
où l’élève est acteur et sujet,
où le collectif est fondateur,
où la différenciation est la règle,
et où l’école devient un lieu d’apprentissage de la démocratie.