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António Nóvoa est une figure majeure de la réflexion sur l’éducation contemporaine. Professeur à l’Université de Lisbonne, ancien recteur, spécialiste de l’histoire comparée de l’éducation, il a beaucoup travaillé sur la transformation de l’école et de la profession enseignante.
Voici une présentation synthétique de ses travaux et de ce qu’ils peuvent nous apporter dans la transformation des établissements :
L’école doit évoluer car elle ne répond plus totalement aux besoins des sociétés contemporaines : explosion des savoirs, nouvelles technologies, complexité sociale et culturelle.
Il ne s’agit pas seulement d’ajouter des innovations ponctuelles, mais de réinventer la manière de penser l’éducation.
Pour lui, la qualité de l’éducation dépend avant tout des enseignants.
L’enjeu est de refonder la professionnalité enseignante : formation continue, travail collaboratif, identité professionnelle forte.
Il critique la vision de l’enseignant comme simple « technicien » qui applique des méthodes. L’enseignant est un acteur réflexif, capable de jugement et de créativité.
Les écoles doivent être des communautés d’apprentissage professionnelles.
Le travail en équipe, la co-formation, l’échange de pratiques sont des leviers essentiels pour transformer les établissements.
La transformation passe par une culture partagée et non par des réformes imposées d’en haut.
Nóvoa insiste sur la finalité éducative : l’école n’est pas seulement un lieu de transmission des savoirs, mais un lieu de formation humaine et citoyenne.
Il met en garde contre une vision purement utilitariste (compétences instrumentales, évaluation standardisée) et plaide pour une école qui aide chacun à devenir sujet, citoyen, personne.
Les apprentissages ne se réduisent pas aux « temps scolaires » : il faut articuler temps formels et informels d’apprentissage (famille, pairs, numérique, expériences de vie).
L’école doit accepter qu’elle n’est plus le seul lieu de savoir, mais reste un lieu privilégié pour donner cohérence et sens aux apprentissages dispersés.
👉 Passer d’un enseignant isolé à un enseignant acteur, membre d’une équipe, engagé dans un collectif professionnel.
Cela peut se traduire dans un établissement par :
la mise en place de temps de co-construction,
des communautés de pratiques,
des projets transversaux qui redonnent du sens.
👉 Favoriser une formation continue intégrée à l’école, basée sur la réflexion collective, les échanges, l’analyse de pratiques.
Cela nous aide à envisager l’établissement non comme un lieu d’application de formations externes, mais comme un lieu formateur en lui-même.
👉 Réaffirmer que l’école forme des personnes et des citoyens, pas seulement des individus compétitifs.
Cela pousse à développer des projets éducatifs centrés sur le sens, la coopération, la solidarité, la culture.
👉 Concevoir l’établissement comme une communauté éducative plutôt que comme une juxtaposition de classes et de disciplines.
Concrètement :
développer des projets collectifs (par ex. projets transdisciplinaires, dispositifs d’accompagnement),
associer davantage les familles et partenaires,
créer des espaces où élèves, enseignants, personnels et parents peuvent dialoguer.
👉 Accepter que le savoir circule partout (internet, réseaux, pair-à-pair), mais donner à l’école le rôle de médiation, d’esprit critique, de cohérence.
Cela change notre façon d’enseigner : moins de transmission verticale, plus de guidage, accompagnement, mise en perspective.
António Nóvoa nous invite à :
Refonder la profession enseignante : identité forte, travail collectif, formation continue.
Faire de l’établissement une communauté professionnelle d’apprentissage.
Redonner du sens à l’éducation : former des personnes et des citoyens.
Repenser l’organisation scolaire pour favoriser la coopération et l’innovation collective.
Articuler les apprentissages de l’école avec ceux de la vie, du numérique, de la société.
En clair, son approche nous aide à passer d’une école qui applique des réformes à une école qui se transforme de l’intérieur, en s’appuyant sur la force de ses acteurs.
du niveau théorique au concret dans les établissements. Voici une série d’exemples directement inspirés des travaux d’António Nóvoa et transposés en actions faisables :
Mise en place d’un “atelier pédagogique mensuel” : une fois par mois, une heure banalisée où un enseignant partage une pratique (par ex. différenciation, usage du numérique, coopération). Les collègues réagissent, testent, adaptent.
Pairagogie : organisation de visites croisées dans les classes (observations bienveillantes, retour d’expérience).
Carnet d’innovation interne : un document partagé où chaque enseignant note ses essais, réussites, ajustements.
Projets transdisciplinaires : par exemple, un projet annuel autour d’un thème (“L’eau”, “Le voyage”, “La solidarité”) impliquant plusieurs disciplines et produisant un événement final (expo, spectacle, débat).
Conseil pédagogique élargi : au-delà des décisions techniques, consacrer du temps à réfléchir à une question éducative (“Comment favoriser l’autonomie des élèves ?”).
Équipe pilote : un petit groupe d’enseignants volontaires qui testent de nouvelles pratiques et en font le retour à l’ensemble de l’équipe.
Parcours citoyen et solidaire : partenariat avec des associations locales, organisation de journées solidaires, parrainage entre classes.
Temps d’intériorité et de réflexion (adapté au caractère catholique si c’est ton cas) : moments réguliers où les élèves réfléchissent sur le sens de leurs apprentissages ou sur un thème existentiel.
Cahier de réussites pour chaque élève : document qui valorise les progrès et pas seulement les notes.
Espaces d’apprentissage flexibles : réorganiser certaines classes ou la bibliothèque pour permettre travail en groupe, recherche, ateliers autonomes.
Récréations apprenantes : installer des coins jeux coopératifs, jardinage, espace artistique pour faire de la cour un lieu éducatif.
Temps de tutorat : un créneau hebdomadaire où chaque enseignant suit un petit groupe d’élèves, non pas sur les notes mais sur leurs méthodes, leurs projets, leur bien-être.
Partenariats avec les familles : cafés pédagogiques réguliers où on échange sur les apprentissages, la motivation, les usages du numérique.
Ouverture culturelle : sorties régulières non pas “en supplément” mais intégrées dans le parcours (cinéma, musée, rencontre avec un artisan, sportif, artiste).
Usage réfléchi du numérique : mise en place d’un “atelier critique des médias” où les élèves apprennent à décoder les sources, comparer, analyser.
Si tu veux initier une dynamique sans bouleverser tout d’un coup :
Créer un petit groupe pilote volontaire (2-3 enseignants).
Leur donner une mission concrète (ex. tester une organisation coopérative en classe, mettre en place un carnet de réussites).
Organiser un retour collectif en équipe à la fin du trimestre.
Décider ensemble de l’essaimage ou de l’adaptation.