Catherine Gueguen est une pédiatre française, spécialiste du développement affectif et émotionnel de l’enfant, qui s’appuie beaucoup sur les découvertes récentes en neurosciences affectives.
Son travail éclaire la transformation de l’école : il met en avant l’importance des relations bienveillantes et sécurisantes pour permettre aux enfants d’apprendre et de s’épanouir.
Les émotions ne sont pas un obstacle : elles sont au cœur du développement du cerveau et des apprentissages.
Le stress chronique (peur, humiliations, menaces) bloque les circuits cérébraux liés à la mémoire et à la concentration.
La qualité de la relation adulte-enfant conditionne la confiance et la motivation.
Une attitude empathique et encourageante favorise le développement du cortex préfrontal (siège de l’attention, de la réflexion, de l’autocontrôle).
Les enfants ne savent pas naturellement réguler leurs émotions : ils ont besoin d’adultes soutiens, contenants et rassurants.
L’accueil des émotions (sans jugement ni rejet) est fondamental pour apprendre à les nommer et à les gérer.
Les punitions et sanctions humiliantes ne construisent pas l’autonomie.
Les neurosciences montrent que la coopération, l’explication, la réparation sont beaucoup plus efficaces pour développer la responsabilité.
L’éducation ne se limite pas aux savoirs académiques : il s’agit aussi de former des enfants équilibrés, empathiques, capables de coopérer.
Accueillir les élèves individuellement (un sourire, un mot de bienvenue en entrant).
Aménagement d’un coin calme dans la classe pour que l’enfant puisse souffler quand il est submergé par ses émotions.
Affichage des règles positives (“on s’écoute”, “on prend soin des autres”) plutôt que négatives (“interdiction de…”).
Rituels d’expression des émotions : chaque matin, un court temps où les élèves disent comment ils se sentent (par un mot, une carte, une couleur).
Boîte à émotions : les élèves déposent un message s’ils vivent une difficulté, qui peut être repris en conseil de classe ou en entretien individuel.
Lecture d’albums jeunesse ou témoignages permettant de mettre en mots les émotions, suivis de temps de discussion.
Reformuler ce que dit l’enfant (“Je comprends que tu sois en colère parce que…”).
Formation des adultes à la communication non violente (CNV) pour améliorer les interactions.
Jeux de rôle pour entraîner les élèves à écouter, exprimer, comprendre le ressenti d’autrui.
Cercles restauratifs : en cas de conflit, réunir les élèves concernés pour chercher ensemble une réparation qui répare le lien.
Contrats de réparation : au lieu d’une punition, l’élève trouve un moyen positif de réparer (aider, présenter des excuses, participer à un service).
Médiateurs élèves : former quelques élèves à aider à la résolution pacifique des conflits.
Petites pauses de respiration ou de relaxation pendant la journée (2 minutes de respiration guidée).
Exercices de pleine conscience adaptés aux enfants : observer sa respiration, écouter les sons, scanner son corps.
Ateliers de yoga ou de relaxation en partenariat avec des intervenants extérieurs.
Instaurer un rituel quotidien des émotions en classe (5 minutes).
Créer un coin calme dans chaque classe.
Former l’équipe à l’écoute active (mots-clés, reformulation).
Remplacer certaines sanctions par des contrats de réparation.
👉 En résumé, Catherine Gueguen nous invite à :
mettre la bienveillance et l’empathie au cœur des pratiques éducatives,
comprendre que les émotions conditionnent les apprentissages,
transformer la gestion des conflits par la coopération et la réparation,
et concevoir l’école comme un lieu d’épanouissement intégral de l’enfant.