Daniel Favre est un pédagogue et chercheur en sciences de l’éducation et en neurosciences. Ancien instituteur puis professeur de sciences, il a beaucoup travaillé sur la violence scolaire, les mécanismes de l’apprentissage et les conditions qui permettent de développer une motivation durable.
Beaucoup d’élèves trouvent une valorisation sociale en dominant les autres (violence, moqueries, refus de l’école).
L’école doit transformer ce plaisir en donnant du goût pour la découverte, la compréhension, la coopération.
Les apprentissages sont bloqués si l’élève se sent menacé ou jugé.
Un climat sécurisant (relation bienveillante, droit à l’erreur, encouragements) est nécessaire pour libérer l’envie d’apprendre.
Les notes, sanctions ou récompenses ne suffisent pas à motiver en profondeur.
La vraie motivation vient de l’intérêt, du sens, de l’envie de progresser.
L’élève doit apprendre à penser ses apprentissages : qu’est-ce qui m’aide à retenir ? Quelles stratégies me conviennent ?
Le développement de la métacognition est central.
L’école est un lieu d’apprentissage du vivre-ensemble : apprendre à gérer ses émotions, ses conflits, à coopérer.
Défis intellectuels plutôt que simples exercices : poser des problèmes qui intriguent.
Mise en projet : donner du sens (ex. écrire un article, réaliser une enquête, construire une maquette).
Valoriser les progrès (comparaison avec soi-même plutôt qu’avec les autres).
Rituel du droit à l’erreur : célébrer les erreurs comme des étapes d’apprentissage.
Encouragements précis : insister sur ce qui a avancé (“tu as trouvé une nouvelle stratégie”) plutôt que sur les manques.
Climat de classe coopératif : pas de moqueries tolérées, mise en valeur de l’entraide.
Évaluations formatives avec feedback détaillé plutôt que note finale.
Contrats de progrès : l’élève fixe un objectif personnel et suit ses avancées.
Temps de retour réflexif : l’élève explique ce qu’il a appris, comment il l’a appris.
Carnet d’apprentissage où l’élève note ses méthodes, réussites, difficultés.
Moments de verbalisation en fin de séance : “qu’est-ce qui a marché pour vous aujourd’hui ?”
Auto-évaluations guidées avec grilles simples et claires.
Cercles de parole pour réguler les conflits.
Ateliers d’éducation émotionnelle : apprendre à nommer ses émotions, à écouter celles des autres.
Projets collectifs solidaires (ex. tutorat, coopérative scolaire, projet éco-citoyen).
Mettre en place un rituel de droit à l’erreur dans une classe.
Introduire une auto-évaluation guidée après un exercice ou un contrôle.
Créer un contrat de progrès personnalisé pour quelques élèves volontaires.
Lancer un cercle de parole hebdomadaire pour réguler les tensions.
👉 En résumé, Daniel Favre nous invite à :
transformer la motivation (du plaisir de dominer → au plaisir de comprendre),
installer une sécurité affective pour libérer l’apprentissage,
sortir du schéma récompense/punition,
développer la réflexivité et la métacognition,
éduquer à la coopération et à la non-violence.